Plus haut plus vrai

Amour à mort

Par Khalid Louguid

Elle est une histoire, une romance qui s’écrit à haute voix, une histoire qui s’écrit sur un miroir brisé. Une confidence, un silence, l’abstinence de larmes qui jeûnent le temps d’un chapitre. Sous ce regard balafré, elle vous montrera la direction de la salle du délit. Il a tué son amour. Il lui a prouvé qu’il tenait à elle, ligotée à une chaise, à l’aide d’une corde, elle ne parle plus. Elle pourra vous parler de sa vie, de ses nuits, des cris sans échos, sur le parvis de la mort l’étau se resserre.

Elle a supplié la funeste touriste de l’inviter à sortir de cette vie. Elle est une femme comme toutes les autres, en apparence. Dans l’antichambre de la vie, elle se recoiffe, elle cache la tendresse de son homme, un peu trop amoureux. Ce soir, elle n’aura pas le droit à ce jeu à sens unique, une course contre le mal, contre la douleur, contre la couleur de la nuit qui implique en elle une phobie… la phobie de la nuit.

Des convives qui ne savent rien de ce qui se passe tant la scène est quasiment parfaite pour celui qui ne voit pas les ficelles du pantin. Le sourire est agrafé sur le visage, le geste doit être parfait, sinon le miroir reprendra un nouveau cliché. La vie n’est pas une soirée où les convives passent et partent, la vie est un combat contre soit, contre cette faiblesse qui ampute à la victime le sourire, la joie, le désir de vivre sans devoir rendre de compte à un geôlier.

J’imagine un chapitre pour trouver en l’Homme la raison de sa faiblesse mais je ne trouve que quelques gouttes de sang entre le miroir brisé et ces escaliers qui mènent à l’enfer.

Khalid Louguid.