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Contraception: pourquoi les méthodes naturelles ne sont pas fiables

Temperature measurement in a natural family planning method.

Un quart des femmes qui ont recours à ces méthodes sont susceptibles de tomber enceintes durant la première année d’utilisation.

L’affaire a récemment défrayé la chronique: Natural Cycles, une application d’aide à la contraception a été signalée par un hôpital suédois aux autorités sanitaires du pays, suite à l’admission en seulement 4 mois de 37 femmes pour des grossesses non-désirées. Toutes étaient des utilisatrices de cette application basée sur une méthode dite «naturelle». Plus de 600.000 femmes ont actuellement recours à cette application dans le monde. En France, il semble qu’une minorité de femmes (4,6%) utilise des méthodes contraceptives de ce type, avec ou sans application, selon une enquête publiée en septembre 2017 par Santé publique France. Ces méthodes connaissent jusqu’à 25% d’échecs. Le Figaro fait le point sur les plus connues.

La méthode des températures

L’application Natural Cycles mise en cause en Suède «repose sur la méthode dite symptothermique, explique le Dr Teddy Linet, chef du service de gynécologie obstétrique au Centre hospitalier Loire Vendée Océan. Elle consiste à repérer la période d’ovulation en fonction de la température du corps». En effet, au moment de l’ovulation, la température corporelle s’élève légèrement (de 0,2 à 0,4°C environ). L’ovocyte a alors entre 12 et 24 heures devant lui avant d’être fécondé, car il dégénère au-delà. Cette méthode consiste donc n’avoir des rapports sexuels avec pénétration qu’à partir du troisième jour suivant l’élévation de température, jusqu’aux règles suivantes.

«C’est une méthode très contraignante qui présente un grand nombre d’échecs, poursuit le Dr Linet. Les femmes qui y ont recours doivent prendre leur température chaque matin à la même heure, avant de se lever». En outre, cette méthode présente également l’inconvénient d’être peu fiable, et cela pour trois raisons. D’abord parce que les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu’à 5 jours dans l’appareil génital de la femme. Cela signifie que si la femme a un rapport sexuel dans les jours précédents son ovulation, elle peut tout à fait tomber enceinte. Ensuite parce que l’ovulation ne se produit pas toujours de façon régulière. Enfin, il n’est pas toujours possible de se fier à la température: un simple rhume peut par exemple la faire augmenter.

La méthode Ogino-Knaus: l’abstinence périodique

Elle est basée sur deux paramètres: la durée de vie des spermatozoïdes dans la glaire cervicale (5 jours) et sur celle de l’ovule (1 jour). Elle consiste à s’abstenir de tout rapport sexuel avec pénétration pendant la période de fécondité de la femme, c’est-à-dire pendant les jours qui précèdent ou qui suivent l’ovulation. Cela correspond à la période allant du 10e au 17e jour du cycle, sachant qu’un cycle commence le premier jour des règles et dure environ 28 jours. Or l’ovulation est imprévisible: elle peut se produire à n’importe quel moment, même chez les femmes ayant un cycle régulier. Même associée à d’autres méthodes «naturelles», cette méthode n’est pas fiable.

La méthode de la glaire cervicale (Billings)

À l’approche de l’ovulation, la glaire cervicale sécrétée par le col de l’utérus se modifie. Elle devient plus fluide, filante et élastique. La méthode Billings consiste à déterminer la période de l’ovulation en fonction de l’aspect de la glaire. Dès l’apparition de glaire humide, la femme doit s’abstenir de rapport sexuel avec pénétration, et cela jusqu’à 4 jours après l’apparition de la dernière glaire humide. Mais encore une fois, cette méthode n’est pas fiable car la nature de la glaire ne dépend pas uniquement de l’ovulation, mais aussi d’autres facteurs, tels que le désir sexuel ou la survenue d’une infection vaginale.

Le retrait

Cette méthode présente au taux d’échec pouvant aller jusqu’à 22%. Cela s’explique par la présence de spermatozoïdes en nombre suffisant pour provoquer une grossesse dans le liquide préséminal et par la difficulté pour l’homme à contrôler parfaitement l’éjaculation. L’utilisation du retrait nécessite une grande confiance de la femme en son partenaire. Comme les méthodes précédentes, elle est plutôt destinée aux couples prêts à accepter une grossesse non programmée.

Source : Le Figaro