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Déco : au jardin, le plastique, c’est chic

Les nouvelles créations du fabricant français de mobilier de jardin Grosfillex s’inspirent de modèles vintages et se piquent de fantaisie.

Grosfillex s’engouffre dans la mode vintage et réédite ses modèles Croisette qui devient Ramatuelle 73. Grosfillex

Yéyé 72’, Ramatuelle 73’. Sous ces patronymes évocateurs et nostalgiques, la société française Grosfillex vient de sortir des versions réinterprétées des assises Flore et Croisette, lancées respectivement en 1972 et 1973 au plus fort du mouvement hippie. « Le vintage est dans l’air du temps et nous avons redécouvert dans notre musée d’entreprise ces modèles très émotionnels. C’est notre patrimoine design et nous avons décidé de le remettre en lumière », s’enthousiasme Laurent Blum, qui préside à la nouvelle stratégie de l’entreprise familiale installée aux confins du département de l’Ain depuis 1927.

Car c’est ici, autour d’Oyonnax, dans le Pays du Haut-Bugey, que se raconte l’histoire de la Plastic Vallée, formule inventée en écho à l’américaine Silicon Valley. La plasturgie s’y développe à la fin des années 1930, portée par la conversion des métiers et des savoir-faire traditionnels du bois qui font l’économie locale vers les nouveaux matériaux synthétiques.

Alors que le celluloïd et la galalithe avaient déjà remplacé la corne pour la fabrication de peignes, la tournerie Grosfillex, qui produit coquetiers, ronds de serviettes et autres objets en bois, prend le virage du plastique en 1954 à l’initiative visionnaire de Raymond Grosfillex. Aux côtés de ceux qui fabriquent des lunettes ou des jouets, comme Berchet, l’entreprise produit toute une panoplie d’objets du quotidien, de la bassine au broc, se diversifie dans les menuiseries plastique et construit sa première usine américaine en 1969. La production s’élargit alors aux loisirs dans les années 1970 avec l’avènement du salon de jardin et du mobilier d’extérieur, désormais terrain de prédilection de la marque, qui fournit de l’indispensable bac à plantes pour le balcon jusqu’aux fauteuils du Stade de France.

Raymond Grosfillex a dessiné le modèle Flore

Le best-seller ultime des grandes surfaces est la fameuse chaise Miami blanche ou vert Amazonie créée en 1981 (surnommée Bistrot monobloc) dont les ventes dépassent les 37 millions d’unités dans le monde. Aux côtés des réinterprétations plastique des classiques chaises en fer forgé, comme la collection Trianon, la marque édite aussi les fauteuils du designeur Albert Jacob, dont les formes excentriques ou organiques ne déparent pas des styles Eames ou Marc Held. Des objets qui se chinent aujourd’hui à prix d’or.

Mais c’est Raymond Grosfillex qui dessine lui-même le modèle Flore, dont les lignes ont été réactualisées par l’actuel jeune designeur maison, Romain Petit. Moins de fioritures, plus de confort — avec un petit coussin textile spécial extérieur — et toujours cette association d’un piétement métallique avec une assise en résine plastique qui fait aussi la spécificité des modèles Ramatuelle. La gamme comprend également une chaise haute inédite et une indispensable table ronde au piétement tubulaire. Et tous ces nouveaux meubles aux airs de vacances nous rappellent qu’il est grand temps de passer au jardin.

www.grosfillex-original.com. Yéyé 72’, disponible en blanc, gris pavement et série limitée M. Doodle à partir de 259 €, table basse 89 €. Ramatuelle 73’, chaise à partir de 159 €, chaise haute 229 €, table 599 € (4 couleurs disponibles).

Zoom sur la terrasse

100 % recyclée

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La chaise Gravêne est exclusivement fabriquée à partir de matériaux recyclés./DR

Présentée pour la première fois lors de la COP21, la chaise Gravêne est fabriquée dans les ateliers de Maximum à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Sa particularité ? Elle est exclusivement fabriquée à partir de matériaux recyclés, à l’instar de la poudre de polyéthylène. En plus de la matière première, les designeurs de Maximum valorisent au plus proche la récupération, comme avec cette poudre collectée auprès d’un industriel de la coloration du plastique (A. Schulman), qui doit nettoyer sa chaîne de production entre chaque couleur. De cette contrainte est née l’originalité de la chaise aux multiples variantes bitonales qui peut être utilisée à l’extérieur.

Chaise Gravêne à partir de 220 €, points de vente sur www.maximum.paris.

Cultissime

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Le transat Aloha en version anthracite./Desjoyaux

Jusqu’ici disponible en blanc uniquement, le transat Aloha proposé par le pisciniste Desjoyaux arrive cette année en version anthracite et cuivrée. Le monolithe de plastique moulé doit sa ligne unique en forme de vague à l’artiste-ébéniste Charles Zublena dont le modèle original a été édité par les Plastiques de Bourgogne en 1965. Choisi par Trigano pour meubler les premières plages du Club Méditerranée, ce bain de soleil n’a pas pris une ride.

Transat Aloha à partir de 233 €, adresses sur www.laboutiquedesjoyaux.fr.

Tressée

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Un tressage tout en rectitude pour la série Saint-Tropez de Fermob./Fermob

Spécialiste du mobilier outdoor en métal, la marque Fermob sait aussi revisiter ses classiques. Après avoir décliné la célèbre gamme Luxembourg du fauteuil au rocking-chair, le designeur Frédéric Sofia dessine la série Saint-Tropez avec un tressage tout en rectitude à la façon des fauteuils Scoubidou, puis la série Sixties, de la chaise à la banquette. Dernièrement, la marque a également édité la série Croisette du designeur Pascal Mourgue (décédé en 2014) dont le tressage des fibres synthétiques s’apparente au cannage traditionnel.

Collection Croisette de Fermob à partir de 295 € le fauteuil, adresses sur www.fermob.com.