Plus haut plus vrai

« D’Emmanuel macron au macronisme » par Emmanuel Vanpoulle.

par Emmanuel Vanpoulle

C’est la question qui taraude tous les commentateurs en cette rentrée que l’on annonce chaude, comme une sorte de marronnier Politique qui se fait les échos de débats qui ont fait preuve d’une particulière fermeture durant la session extraordinaire du parlement. Le mouvement en marche sera-t-il un parti politique ouvrant sur une nouvelle forme Politique : le macronisme ? Difficile mue que de passer d’un mouvement à un pari politique. Depuis son élection et durant toute la campagne, les médias se sont fait les échos du fameux « en même temps » qui est capable de dire une chose et d’en faire une autre. Mouvement dit populaire, il est dans les faits autocratiques et il se découvre, ici ou là, les premières déchirures de la réalité d’un mouvement verticale où la parole vient du haut et non plus du bas, comme il n’a cessé de le marteler !

D’Emmanuel macron au macronisme.-- par Emmanuel Vanpoull.
D’Emmanuel macron au macronisme

Les français n’ont pas voulu cette situation et ils ont voté pour faire barrage à la pire des idéologies, entretenues par un discours qui devait mener à un vote utile. Entre formules évasives et indéchiffrables sur le spectre de l’échiquier politique, on a voulu nous faire croire que la droite et la gauche étaient semblables et que tout se valait ! Étrange formule en une période où le clivage semblait se chercher et où un mouvement revendiquait l’en même temps » pour dire tout et son contraire ! Le macronisme serait-il donc contenu en cette formule ? « Peut-être mais peut-être pas entièrement » Peut-être par sa volonté de donner un discours économique et de l’autre social sans pour autant ressembler à un gaullisme social ou une sociale démocratie.

Un social libéralisme plus que tout autre chose.

Une sorte de socialisme assumant son caractère d’économie libérale ou d’une droite assumant l’aspect social devant gommer les errements d’une économie débridée. Voilà posé la base de notre réflexion qui cherche à faire prendre un ensemble hétérogène pour en faire d’un mouvement une idéologie : le macronisme. Difficile synthèse qu’un François Hollande a su inculquer à son disciple, l’équilibre assumé d’une sociale démocratie dans ses aspects les plus libéraux non avouée, que macron aura réussie à faire émerger ! Le macronisme C’est cet équilibre supposé, car la réalité est plus économique et moins sociale. La tromperie consiste à faire croire à cette nouveauté mais cache en vérité le déséquilibre et le retour sur investissement de ceux qui l’ont conduit à la victoire.

La gauche caviar assumé et qui avait été arrêtée dans son exécution dans un Sofitel à New York. Étrange de retrouver les jeunes Strauss-Kahnien défaits dans toutes les nomenclatures marconiennes ! Alors pour assoir ses réformes d’inspiration libérales, il utilise la stigmatisation de l’autre sur le plan intellectuel, C’est-à-dire, d’expliquer qu’il n’est pas en mesure de comprendre les enjeux et de ramener à lui l’idée que, lui seul est en capacité de comprendre. Outil intellectuel pour définir l’autre comme celui qui bloque et le stigmatiser.

Quant à l’autre argument il est politique.

Bâtir une méthode sur la légitimité, faisant oublier le fait qu’il n’est élu que par 20 % des inscrits et que tout a été décidé à l’occasion du scrutin et mis en application par sa majorité. De formules en postures, il endosse tour à tour l’habit de pilote de chasse pour visiter l’armée de l’air ou la combinaison de sous-marinier pour la marine. Quant aux responsables militaires, il emploie le discours de l’autorité et de l’humiliation, faute de crédits et pour les autres, les syndicats ou toutes formes d’opposition, des adjectifs indignent d’un pseudo-rassembleur ! Il s’agit en fait d’un techno-lyrique qui sous couvert du discours déroule une mécanique technocratique et comptable bien huilée.
Le macronisme n’existe pas sauf pour celui qui suit sans autre forme de débat. Ce n’est pas un Parti Politique, car il n’existe pas de débat et les élus ne sont là que pour exécuter jusqu’à le faire valider par une consultation de membres fantômes qui fait naître la réalité : ce mouvement n’est qu’un chiffre et pour adhérer il ne suffit que de cliquer.

Alors à force de supercherie et de formules vexantes et blessantes il se trouvera une catastrophe au bout du chemin.

Tel l’après Obama aux États-Unis… le pire arrivera. Mais lui qui voulait refondre la vie politique aura réussi à concentrer les travers d’un louis XIV, d’un Napoléon et d’un général de Gaulle, la légitimité historique en moins.
Il faudra donc reconstruire le débat Politique et quitter ce travers de la monarchie républicaine.

Emmanuel Vanpoull