Plus haut plus vrai

Entretien avec le Père Omer Paro.

Propos recueillis par Emmanuel Vanpoulle

 Bonjour mon Père,
Vous êtes arrivé en France le 5 septembre 2016 , du Burkina Faso, pour être prêtre dans la paroisse St Jean-Baptiste, envoyé en mission fidei doum, pour les diocèses d’Amiens.

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous avez été ordonné Prêtre en juillet 2005, Comment avez-vous accueilli cette mission ?

J’ai accueilli cette mission avec joie pour faire vivre la notion universelle de l’Église catholique pour acquérir de nouvelles expériences pastorales dans le monde et pour apporter ma contribution de l’édification de l’église sur Amiens. J’ai été très bien accueilli par toutes les personnes et les membres de l’église.
En cette période de l’avent qu’est-ce qui différencie cette période entre l’Afrique et la France ?
Au niveau de l’avent cette manifestation des 4 dimanches par des cierges allumés est bien différente de ce qui se pratique en Afrique ou cette manifestation de la lumière ne se fait que dans les séminaires ou les congrégations religieuses. Cette notion de la foi, l’amour, la paix et l’espérance sont une chose qui par, ces 4 bougies, marque le temps de l’avent comme un cheminement à l’espérance et à la nativité. Ici en France cette pratique est ouverte à toutes les communautés et aux différents fidèles. Quant au marché de Noël, il est totalement absent de nos habitudes et tranche avec la symbolique de Noël, la nature commerciale que l’on retrouve ici en métropole. L’esprit et l’aspect mercantile se marient dans une grande joie païenne et religieuse.
Concernant Noël qu’est-ce que cette fête vous apporte ?
Pour moi il y a 4 étapes :
  • La première étape.
«La préparation “lointaine” qui se fait au Burkina Faso et qui est bien différente de celle qui se fait en France » Noël se prépare dès le mois de septembre dans des travaux d’intérêt commun avec les récoltes, les cultures… En vue de collecter l’argent pour préparer Noël. Dès le mois d’octobre des pains sont confectionnés avec le motif de Noël et mise en vente dans les boutiques de tout le pays. Dans les paroisses on compose de nouveaux chants de Noël et on répète tous les soirs les futurs chants qui seront interprétés lors de la fête de la nativité. Les enfants construisent des crèches devant chaque maison et les plus belles sont primées dans certaines paroisses.
  • La deuxième étape.
« Il s’agit de la préparation de la célébration de Noël et du temps du partage ».On décore l’autel et l’église avec des fleurs et des feuilles naturelles. La veille de Noël, chaque famille achète du riz, ce qui fait de Noël « la fête du riz ». On abat également des animaux pour le repas de fête qui sera partagé avec la famille et les proches.

 

 

 

 

  • Troisième étape.
« Célébration de la fête de la messe de minuit ». Il s’agit d’une très grande mobilisation où les personnes viennent avec des habits de Noël, c’est-à-dire des vêtements où sont représentées les figures de l’enfant Jésus et de ses parents, de la crèche… ici vous n’avez pas de choses comparables en matière de tenue vestimentaire. Ce temps est très festif avec des chants et des danses Durant toute la messe, bien différent de la France ou le caractère solennel est très fort. Au Burkina Faso on danse autour de l’autel et on y chante les préparations faites durant les mois de septembre et octobre. À la sortie de la messe, les danses populaires se mêlent à toute la communauté qui se réjouit de la naissance du sauveur et où elle exprime tout son bien-être en cette nuit particulière de la nativité.
Toute cette joie se termine en famille autour d’un repas de fête et de partage.
  • Dernière étape.
« La messe du jour de Noël ».
Vers 10 : 00, afin de permettre à tous de se remettre de la veillée de Noël, les fidèles se retrouvent à l’office du 25 décembre, avec leurs habits de Noël signifiant la sainte famille et la nativité de Jésus, toujours dans un esprit de fête et de danse. Lors de l’action de grâce, la foule des fidèles fait exploser sa joie et partage cet entrain autour de l’autel et du Prêtre. À la sortie, les chants et les danses populaires continuent devant l’église et s’expriment librement dans la joie D’un grand partage par le bai de cette danse qui entraîne toute l’assemblée. À l’issue de cette cérémonie les fidèles se retrouvent en famille et entre amis pour partager le riz et les victuailles avec toutes les personnes autour d’eux, quelque soi la religion. Là est l’esprit de Noël, le partage et l’envie de se retrouver avec toutes les personnes sans discrimination et dans le seul désire de l’autre. Le soir les enfants parcourent les rues afin de frapper aux portes pour recevoir cadeaux et bénédictions de tous les habitants.
Et Noël se termine par cette sollicitation : « Que Dieu nous donne de nombreux autres Noëls dans la paix et la joie ».
Voilà l’esprit de partage qui fait de cette fête une période de don à l’autre, un moment particulier où l’on accueille et où l’on reçoit le don de Dieu : l’enfant Jésus.

 

Merci.