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Face à la violence, les femmes de Canala se mobilisent

Plus de 300 habitantes et habitants ont défilé ce vendredi à travers le village de Canala pour protester contre la violence. Une mobilisation décidée après le viol barbare d’une jeune femme originaire de la commune. La marche a été suivie d’un long moment d’échanges, souvent émouvants.

© NC LA 1ÈRE / BRIGITTE WHAAP Plus de 300 personnes ont répondu à l’appel de la fédération Nawitoa.
De la colère et du dégoût: la réaction des femmes de Canala face à la barbarie du viol commis récemment dans la commune. Un viol qui révolte les habitantes, et les habitants, d’où la décision de réagir. Dans une municipalité qui comptait environ 3600 âmes au recensement de 2014, ce sont plus de 300 personnes qui ont marché ce matin à travers le village. Avec des banderoles, en français et en langue, qui dénonçaient la violence sous toutes ses formes.

Cahier de doléances

Après une première réunion, les femmes de Canala avaient écrit un cahier de doléances. Une base pour la suite des discussions avec les institutions communales, provinciales ou encore coutumières. Parmi les questions posées ce vendredi dans la salle de la mairie, celle de savoir comment lutter contre les fléaux qui affectent les familles: l’alcool, le cannabis, le kava ou encore les bingos. La municipalité propose de demander à la province Nord une délégation afin de gérer les licences, et les sanctions pour lutter contre le marché noir.

Porter plainte​

Les hommes, même s’ils étaient moins nombreux, ont également pris la parole. Comme Emile Nechero, élu provincial. Il a apporté son soutien aux habitantes et souligné la gravité des faits, puisque la dignité de la femme a été atteinte. Il réclame que le ou les auteur(s) ne reste(nt) pas impuni(s). Et comme le président d’un des conseils coutumiers, il encourage les victimes à porter plainte.

La réunion s'est prolongée jusqu'en début d'après-midi. © NC La 1ère / Brigitte Whaap
© NC La 1ère / Brigitte Whaap La réunion s’est prolongée jusqu’en début d’après-midi.

Pas d’enfant dehors après 18 heures?

Présentes également, deux élues, l’une du Nord et l’autre du Sud, en charge toutes deux de la condition féminine, à l’écoute de la parole des femmes. Des femmes de Canala qui n’ont pas hésité à se remettre en cause, certaines rappelant leur responsabilité dans l’éducation. Des propositions ont été faites pour que dans les tribus, les enfants ne soient pas dehors après 18 heures.

Rendez-vous mercredi

La fédération Nawitoa, organisatrice de l’événement, ne compte pas en rester là. Elle a fixé un autre rendez-vous aux femmes de Canala, mercredi prochain.