Plus haut plus vrai

Les larmes d’une femme.

Les larmes d’une femme.

« Debout face à la vie, allongée au milieu de la nuit, les lèvres tremblantes, une femme pleure. Quelques larmes qui voyagent pour frapper le sol de leur histoire. Une hirondelle perdue, errant entre deux soleils et une lune. Elle n’est pas dupe mais amoureuse, elle n’est pas pareille à ces autres qui portent en pendentif l’amour et qui sont avides d’amour, non, elle aime celui qui l’a frappé, détruit, anéantis.

Elle a la préemption sur la vie et pourtant, là, couchée au sol en ce froid d’hiver, elle espère une mort brève. Une trêve dans l’espoir de voir un soir heureux, un rêve en grève… turbulences. Devant le miroir, les lèvres gercées, elle tente de se cacher, elle pleure à faner son cœur, elle pleure à faire naître ses peurs… demain il fera beau. La belle bouche plein d’amertumes sous la douche, le sang se mélange avec le souvenir, le malheur, la longueur du temps mort.

Elle ne présage plus rien de bon dans ses sentiments frappés avec des poings, avec des gifles et des mots morts. Et demain, et si c’était la dernière nuit, la dernière fois qu’elle verra le soleil se lever, se coucher, courber à l’horizon, disparaître comme sa vie, derrière la violence de cet homme qu’elle aime… l’enfer sur terre.

Au bord du lit, couchée, les yeux fermés, l’odeur du sang accroché à ses paupières. Hypnotisée par la peur, elle réclame dans ses prières, une main et c’est un poing qu’elle a reçu… un point frappé pour en finir avec la souffrance d’une femme frappée. Frappée mais forte devant la cohorte de poing, elle se lève et relève ses lèvres pour sourire car dans ce dernier la force d’une femme, les larmes d’une femme pour tenir bon, retenir la vie dans son corps.

Rebelle. Elle gagnera contre la haine, contre la folie de l’homme… elle sera le point final. »

Khalid Louguid