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Le Collectif HAMEB

« Collectif Halte Au Massacre En Birmanie - HAMEB »

Collectif Halte Au Massacre En Birmanie / HAMEB

 

Manifestation du Trocadero.

Bonjour Nordine Errais, nous sommes heureux de vous recevoir sur Upper-mag. Parlez-nous de vous, qui êtes-vous ?

Je suis co-fondateur et président du Collectif HAMEB. Je milite depuis quelques années au côté de mes collègues pour la cause Rohingya, et comme le font aussi braillement d’autres confrères comme Moussa de BaniStreet, ou encore l’association Bereket Seri et d’autres.

Vous êtes président de l’association « Collectif Halte Au Massacre En Birmanie – HAMEB » dites-nous quel est le but de ce collectif.

Oui, le but de cette ONG est tout d’abord de militer par tous les moyens pour défendre les droits de la minorité Rohingya dans le monde, et plus généralement des minorités ethniques discriminées en Birmanie telles que les Karens, les Chins et Kachin. Vous comprenez donc que la raison d’exister du collectif HAMEB est totalement légitime, et s’inscrit dans une logique de plaidoyer à long terme, dans une époque où la minorité Rohingya en a le plus besoin, et en dépit des médias qui tardent à s’en occuper.

Le Collectif HAMEB intervient également sur le terrain depuis sa création en 2012. À ce jour, nous avons effectué plus d’une dizaine d’opération en Birmanie, en Malaisie, au Bangladesh, et en Indonésie. Nous allons la ou les Rohingyas se trouvent, malgré les risques et difficultés que nous rencontrons dans ces pays, et en particulier en Birmanie dans lesquels nous avons mené des opérations humanitaires très sensibles et assez risquées pour la sécurité de nos bénévoles.

MERCI AUX DONATEURS

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Posted by Collectif Halte Au Massacre En Birmanie l HAMEB on Freitag, 17. November 2017

 

Le 16 septembre dernier, le Trocadéro a été témoin d’un rassemblement condamnant les actes de répressions et le meurtre contre des Musulmans dans l’État d’Arakan. Parlez-nous de ce rassemblement.

Absolument, nous avons été à l’initiative de ce rassemblement avec le soutien et l’appui de plusieurs de nos partenaires comme Info Birmanie, Amnesty International, Dignité International, ERC ou encore Human Right Mission. Ce rassemblement est une réaction absolument légitime qui fait suite aux événements tragiques du mois d’août dernier que nous connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire le massacre de plusieurs milliers de Rohingyas par l’armée birmane et a provoqué la fuite de plus de 530.000 personnes vers le Bangladesh dans des conditions inhumaines. L’armée a également commis des viols sur des femmes, brûler plusieurs villages Rohingyas qui sont aujourd’hui visibles via des images satellites analysées par Amnesty International.  Nous avons maintenant des preuves d’un véritable nettoyage ethniques que nous dénonçons depuis des années !

Dites-nous qui sont les Rohingyas, sont-ils Birmans comme le pense la doxa ou sont-ils Bangladais comme le dise les Birmans ?

Selon l’ONU, la communauté Rohingya est l’une des plus persécutées au monde. Ils font partie des 135 ethnies qui composent la mosaïque ethnique très diverse de la Birmanie.  Comme le rapportent plusieurs historiens, ce  sont descendants de commerçants arabes, turcs, bengalis ou mongols et leur présence en Birmanie au XVe siècle. La junte birmane estime pourtant qu’ils seraient arrivés au moment de la colonisation britannique et les considère comme des immigrants illégaux Bangladais. La junte a alors mené, avec le soutien de certains moines extrémistes Bouddhistes, une compagne de propagande féroce pour les isoler et les pointer du doigt comme étant le problème numéro 1 du pays. C’est alors qu’en 1982, une loi a été mis en place pour leur retirer la citoyenneté birmane. Après des décennies de répressions et d’exactions, les Rohingyas ne seraient plus que 800.000 dans un pays qui compte près de 52 millions d’habitants à majorité bouddhiste.

 

Que pensez-vous qu’il faille faire pour arrêter ce massacre ? et l’ONU est-il en partie responsable de laisser faire ?

C’est une question très difficile et personne ne détient la solution miracle. Cependant, ce que nous avons toujours exiger, c’est l’arrêt immédiat des exactions et le rétablissement de l’accès aux humanitaires. Pour y arriver, les efforts doivent se faire aussi bien à l’intérieur du pays (le gouvernement, les partis politiques, la société civile Birman) mais aussi de l’extérieur, à travers la pression de la communauté internationale en misant sur l’action additionnée de divers organes tels que les institutions représentatives internationales (ONU, Commissions Européens, l’action de l’ASEAN…Etc.), les différentes sociétés civiles dans le monde (ONG, manifestations…etc.), mise en place de mesures et sanctions efficaces (embargo économiques et militaires…) par des compagnes de boycotts et de sensibilisation a plus large échelle.

Comment peut-on aider les Rohingyas ?

Eh bien, il y a plusieurs leviers. Il existe un certain nombre d’associations qui commencent à agir et mettre en place des actions pérennes. Il faut aider ces associations à travers des dons ou en devenant bénévoles. Aller sur le terrain dans les pays où se trouvent des milliers de Rohingyas comme le Bangladesh, la Thaïlande ou la Malaisie…etc. et y prêter main-forte aux initiatives locales lorsqu’ils en existent (orphelinats, camps … Etc.). Il est également important d’aller au-delà de l’humanitaire, il faut que chacun s’implique à son niveau pour militer et devenir une voix supplémentaire pour la défense des Rohingyas. Et c’est véritablement de ça dont ils ont besoin, afin de les aider à rétablir leur droit le plus élémentaire (interpeller les pouvoirs publics, les élus, organiser des compagnes de sensibilisations, de rassemblements…etc), tout est bon pour faire avancer cette cause et la même au même titres que les autres causes nobles dans le monde telles que la cause Syrienne, Palestinienne, Yéménite, les Chrétiens d’Orient, la cause Centrafricaine…etc.

Avez-vous prévu un prochain convoi humanitaire ?

Une prochaine action est en cours de mise en place et aura probablement lieu en ce mois novembre. Cela sera probablement l’une des plus grosses opérations humanitaires que nous n’ayons jamais organisées. Nous avons initié une coordination avec la participation de plusieurs de nos partenaires. L’idée est de mettre en place une coalition humanitaire qui regroupe toutes les associations de bonne volonté et mutualiser ainsi nos efforts et compétences aussi bien dans le médicale, que dans l’alimentaire, ou non alimentaire. Nous espérons atteindre avec nos partenaires le plus de bénéficiaires possibles dans les camps du district de Teknaf au Bengladesh, et apporter ainsi un peu de réconfort à ces milliers de personnes.

Quelles sont les difficultés rencontrées sur le terrain ?

En ce qui concerne la Birmanie, l’accès y est totalement fermé pour les ONG humanitaires, et le risque est très élevé pour y tenter une action. Nous avons donc reporté nos prochains voyages et attendons que la situation se calme un peu. Au Bengladesh, le terrain n’est pas sans difficultés non plus. En effet, le cas des Rohingya étant très politisé dans ce pays, la réglementation change alors très rapidement et nous pouvons avoir des blocages administratifs et/ou opérationnels à tout moment. Mais nos équipes et nos partenaires y travaillent dur pour faire parvenir les dons dans de bonnes conditions.

Quelle est l’ampleur de la mobilisation mondiale ?

La mobilisation est plutôt disparate d’un pays à un autre. Les pays arabes sont quasiment absents dans le soutien de cette cause. Quelques initiatives gouvernementales isolées telles que la Turquie, le Maroc, l’Algérie ou encore quelques pays du Golf et l’Asie ont déjà envoyé des aides humanitaires. Mais la mobilisation des sociétés civiles reste insuffisante. Sans les actions des associations, la mobilisation serait quasiment absente.

Trump et Macron a dénoncé devant l’ONU le « nettoyage ethnique » contre la minorité musulmane des Rohingyas, pensez-vous que cela puisse faire bouger les choses ?

Ces déclarations inattendues sont assez nouvelles, surtout pour la France qui a toujours gardé son silence sur la question. Bien entendu, ces déclarations ont des conséquences sur le plan diplomatique et contribuent à faire pression sur le gouvernement birman. Mais dans tous les cas, cela reste insuffisant car il faut une véritable coalition et coordination internationale qui doit perdurer dans le temps jusqu’à faire réagir les autorités Birmanes.

Parlez-nous des projets du Collectif HUMEB et en Europe.

Le Collectif HAMEB dispose de plusieurs antennes en France et l’étranger (Belgique, Suisse et Malaisie, et j’espère une prochaine antenne au Bangladesh). HAMEB est Composé intégralement que de bénévoles qui dépensent de leur temps et énergie pour la cause Rohingya depuis plusieurs années. Actuellement, nous avons plusieurs projets que nous menons quotidiennement (des conférences d’information et de sensibilisations régulières à travers la France, des galas de collecte de dons, des interventions régulières auprès de la presse et des pouvoirs publics…etc.). Nous préparons également avec nos partenaires notre prochaine opération humanitaire baptisée CSR (Coordination Solidarité Rohingya) en novembre prochain. Enfin, notre antenne malaisienne travaille quasi-quotidiennement pour mettre à pied notre orphelinat dédié aux enfants orphelins.

Quels sont vos vœux pour les Rohingyas ?

J’espère de tout cœur que les différentes mobilisations et les efforts de chacun de nous feront progresser positivement la cause Rohingya. J’espère que nous atteindrons notre but ultime : la réintégration sereine et complète des Rohingyas dans leur pays, qu’ils retrouvent leur citoyenneté ; leur dignité et leurs droits élémentaires.

Contact : contact@collectif-hameb.fr.

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