Plus haut plus vrai

Macron estime que le port du voile n’est pas « conforme à la civilité »

Emmanuel Macron au Théâtre national de Chaillot, le 15 avril 2018. (F. GUILLOT/AFP)

Il a toutefois assuré qu’il ne souhaitait pas « faire de loi qui l’interdise dans la rue » et estimé que les mères voilées pouvaient accompagner leurs enfants lors des sorties scolaires.

Lors de son interview par les journalistes Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel, dimanche 15 avril sur BFMTV et Mediapart, Emmanuel Macron a jugé le port du voile pas « conforme à la civilité dans notre pays », avant d’ajouter : « C’est-à-dire au rapport qu’il y a entre les hommes et les femmes dans notre pays. »

« Nous sommes attachés, et ça c’est très républicain, c’est même révolutionnaire, à cette égalité entre l’homme et la femme. Donc nous ne comprenons pas qu’il y ait cette différence, cette distance, cette séparation. C’est ça un peu le voile. Et donc c’est ça qui vient un peu bousculer notre philosophie profonde, notre vie ensemble. On doit l’expliquer, on doit convaincre. Je ne suis pas, moi personnellement, heureux que ce soit ainsi, mais je ne veux pas faire de loi qui l’interdise dans la rue, car ce serait contre-productif », a-t-il encore dit.

Sorties scolaires

Emmanuel Macron n’a toutefois pas de « réponse univoque » sur le port du voile, notamment lorsqu’il concerne les adultes lors des sorties scolaires.

Interrogé sur des propos du ministre de l’Education, qui estime qu’un parent accompagnant ne devrait « normalement » pas porter de signe religieux, par exemple le voile pour une mère, Emmanuel Macron a qualifié cette position de « conviction personnelle » de Jean-Michel Blanquer.

Le chef de l’Etat a indiqué qu’il fallait faire un distinguo.

Pour le cas des « mamans accompagnatrices hors de l’école qui peuvent avoir un foulard » : « Si elles sont en responsabilité pour l’école, elles n’ont pas à porter le foulard parce qu’elles sont sous la laïcité de l’Etat, si elles sont en fonctionnaires, en quasi fonctionnaires ou en collaborateurs occasionnels du service public, elles ne peuvent pas porter le foulard. »

« Si elles sont dans un cadre qui est à côté de cela, elles sont citoyennes, elles ont leur identité, elles sont là et la société, elle n’est pas laïque et leur permet d’avoir le voile », a-t-il dit.

« Le sujet du voile est très important », a-t-il dit mais « je n’ai pas une réponse univoque sur ce point ».

« Mon approche personnelle, c’est que toute personne qui accompagne les élèves est en situation d’être ce qu’on appelle un collaborateur bénévole du service public […] qui doit se conformer à un certain nombre de devoirs. C’est ma position », avait indiqué Jean-Michel Blanquer en décembre.

Source : L’obs.