Plus haut plus vrai

Tu me déchires ma solitude.

Par Kheira Medellel

 

Tu me déchires ma solitude

 

Tous les matins même rituels

Frapper le réveil d’une main

Vite les cours m’attendent

Encore vaporeux de sommeil

J’ouvre grand mes fenêtres

Encore ces paysages lunaires

Même de nuit le béton est là

Petit-déjeuner silencieux

Ma mère dès le matin harassée

Mon père par habitude énervé

Ma soeur seule lumière sourit

Rien n’y fait je suis obscurci

Une tartine mon café expédié

J’attrape mon sac de cours

Je franchis la porte si lourde

Quatre à quatre les escaliers

Je suis dehors il fait si froid

C’est l’hiver il fait encore nuit

Les potes retiennent les murs

Mais ils ne les lâcheront jamais

De mes insomnies parfois sans

Sommeil j’entends leurs éclats

Je traîne le pas vers le métro

Le lycée n’est pas au quartier

Sur le parcours coule une larme

En continu je souffre solitaire

Dans mes allers mes retours

Toujours leurs rires moqueurs

Je l’ai promis à ma mère dans

Le local à poubelle quand je l’aide

Elle m’a dit tu sais mon fils aimé

Je veux ta promesse que tu vas

T’échapper tu me dois bien ça

Avec ses mains sur la mienne

Ce serment entre moi et elle coûte

Très cher je ne vis plus.

Pas d’amis vers chez moi, rejeté

Au lycée c’est mort quartier bling

Je ne sais pas combien de temps

Je vais pouvoir tenir trop douloureux

La seule personne qui me fait tenir

C’est toi mon amour de petite sœur

Encore inconsciente dans tes éclats de rire

Tu es ma bouée. »

Kheira Medellel